Suite à mon geste maladroit, elle se pressa un peu plus contre moi, m'offrant encore quelques secondes de gourmandise, pour finalement ouvrir les paupières, battant des cils et habillant ses lèvres d'un sourire séduisant auquel mon coeur ne pouvait échapper.
- Kaya, je suis dés... commençai-je, honteux d'avoir égoïstement mis fin à son sommeil.
Cependant, son minuscule index avait déjà rejoint mes lèvres, les empêchant de remuer davantage, avant de m'électriser d'un de ses baisers. Un seul baiser, mais quel baiser! Il me rappellait ces glaces si spéciales, d'une fraicheur excitante, et qui en leur coeur renferment une friandise pétillante, acidulée qui claque sur le palais et qui vous fait tourner la tête. J'allai pour renouveler l'expérience, mais, d'un geste gracieux, Kaya avait déjà détourné son visage angélique.
- Il ne faudrait pas abuser des bonnes choses, expliqua-t-elle le sourire aux lèvres, me voyant sûrement faire la moue, et se voulant rassurante.
- Tu as raison, ne pus-je m'empêcher de répondre, à contre coeur.
Me voyant toujours perplexe, elle m'offrit un dernier baiser digne de ce nom, et quitta notre lit, cocon pourtant convivial et chaleureux. Je la suivis du regard, et me laissai retomber sur l'oreiller une fois disparue. Son parfum enveloppait encore la pièce, m'arrachant un sourire naïf au passage, alors que mes pensées s'envolaient vers elle, une fois encore. -
Ma guitare dans une main, ses petits doigts gelés dans l'autre, je savourais la nature qui s'offrait gentiment à nous, les petits fruits des bois craquant sous la pression de nos pas, pourtant posés avec délicatesse. Cette forêt aurait pu sortir tout droit d'un conte de fée pour enfant, tant le lieu était magique. Des petites créatures enchantées aurait pu nous croiser que je n'aurais pas été plus surpris, et aller à l'encontre d'une licorne m'aurait fait plus plaisir que peur. J'avais la sensation d'être un chevalier protecteur, que dis-je, un célèbre aventurier menant sa bien aimée au sommet de la colline, point culminant et définition même du mot splendeur. J'étais heureux et avais le coeur léger. Qui plus est, faire plaisir à Kaya était ma première volonté, et le sourire radieux qui naissait au bout de ses lèvres, au fur et à mesure de notre escale, me laissait croire qu'elle appréciait, tout comme moi, ce moment empli de magie. - Allongé dans les bras d'un rocher, le silence n'était brisé que par la voix mélodieuse des cordes de ma guitare, heureuses de pouvoir se dégourdir quelques instants et fières de montrer de quoi elles étaient capable, à la femme que j'aime. Kaya, accroupie à côté de moi faisait danser ses doigts dans mes cheveux, chose que je savourais particulièrement, glissant parfois quelques groseilles multicolores dans ma bouche, entre deux sourires. « Eating your Chupa Chup, a plane is making a loop. The beavers are so cute, a tree gave me a fruit. Hello, hello, I take you on a trip... Hello, hello I take you on a trip. »